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Jean-Paul Thibeau

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Corbeau ©Marie-Céline Delibiot

Corbeau ©Marie-Céline Delibiot

JPTHIBEAUandKMAL©AsKie JPThibeauMetaActiviteCotonou2012A.Karroum©JP Thibeau JPThibeauMetaRadeauDu2avril2011© Alain Moulesque

| Artiste intermédia | 10 et 12 MAI : Rencontre et Atelier

Il se manifeste en France et à l’étranger depuis 1972. Son champs d’investigation est celui du comportement. Sa pratique est un agencement d’expériences qui visent à interroger le “ soi artiste ”, ses modalités et ses activités (déplacements et transformations). Les formes de ces expériences varient en fonction des lieux, des durées, des propositions et des interlocuteurs mis en jeux. Par une expérimentation incessante il réalise une poétique de l’existence.
Les activités de Jean-Paul Thibeau sont polymorphes et peuvent traverser différents médiums et méthodes … En 1998 il initie les sessions d’expérimentations artistiques Protocoles Méta, qui depuis se poursuivent à raison d’une à deux sessions par an. ( Méta est un préfixe qui indique ici: la participation, la succession, le changement.)
Il coordonne le méta-atelier de l’école supérieure d’art d’Aix-en –Provence (France).

Texte de Valère Novarina, écrit à l’occasion du catalogue de Jean-Paul Thibeau
« Conversations des êtres, des choses et des je-ne-sais-quoi… »,
Édition de la Galerie Keller, Paris 1990. ©Valère Novarina

Que dit Jean-Paul Thibeau avec des choses, c’est-à-dire rebus ?
Il dit qu’il entend des conversations d’objets et dialoguer les choses qui se taisent.
L’homme n’est pas la première bête parlante dressée pour s’exprimer, mais le premier
animal qui a entendu. S’il parle, c’est qu’on lui a parlé ; c’est un animal qui s’est
redressé pour écouter. La parole écoute et prête parole à ce qui ne parle pas.

Que peuvent nous dire les choses du silence ?
Tout objet qui se tait dit je ne sais quoi. Rien n’est sans langage. Au monde, toutes
choses disent je ne sais quoi . La matière ne sait rien dire mais nous demande
d’entendre elle ne sait pas quoi . Par la vue, par l’oreille tendue, nous voyons les
choses venir nous demander que nous les entendions. Elles le demandent sans mots,
par leurs questions posées dans l’espace muet.

L’espace parle rébus. Rebus, avec des choses, dans des rébus non résolus, sans dénouement
par le silence ni solution dans la parole. Le rébus de Jean-Paul Thibeau ne dit rien, sauf que
l’espace est un drame. Nous avons reçu cinq sens pour apercevoir l’insensé : voir le monde et
sortir de lui.

L’insensé dit : L’espace n’a pas lieu d’être. Les paroles des parlants peuvent enlever encore
du silence entre les choses qui se taisent. Ceux qui croient avoir parlé du monde n’ont rien
fait ; rien ne s’est dit tant que nous ne l’avons pas touché par notre parole. Lucerné dit que
c’est avec du vide que le bon sculpteur laisse tout. Nous ne devons jeter plus aucun nom sur le
monde ni sur les choses sauf leur parler. Les objets s’offrent à notre vue sans qu’on sache si
nous allons parler les premiers ou si c’est eux qui vont nous enlever les mots.

Que dit Jean-Paul Thibeau rebus c’est-à-dire avec des riens ?
Qu’il n’y a que nous, les parlants, qui entendons que la matière se tait. La parole nous a été
donnée, non pour exprimer aucun moi ni se communiquer aux uns les autres quoi que ce soit,
mais pour entendre parler les muets. Les choses nous disent que le monde apparaît en paroles
sous nos yeux. La parole ne nous a été donnée que pour entendre ce qui es tu. Tu nous a
donné la parole pour t’entendre. La matière n’entend pas se taire. La matière ne t’entend pas.
Si nous appelons les choses d’un nom, c’est pour entendre que l’univers est parlé.

Toute la matière repose sur la parole. C’est par elle seule que le monde est maintenu. Toute
notre vue est parlée. Même si nous n’entendons rien de la vraie matière muette des choses,
toutes viennent nous dire que tout le visible est un renouvellement perpétuel de parole.
L’espace est l’étendue de ce silence parlant. L’espace est du silence entendu par ici où les
choses et les mots s’appellent sans nom. L’espace n’est pas le lieu de la matière mais
l’étendue du drame de la parole. Ici et pour un temps, quelque chose qui n’est pas là se donne
à tout ce qui est présent.

Que dit Jean-Paul Thibeau rebus c’est-à-dire sans mot ? Qu’il n’y a pas de matière qui soit
morte et que c’est une parole qui fait tenir les pierres. C’est ce que nous entendons depuis que
nous avons cessé de partager le silence avec le troupeau muet des animaux. Partageons
maintenant le silence avec les cailloux. Qu’est-ce qu’il dit ? Il dit que tout le silence se
partage en parlant.

Que dit Jean-Paul Thibeau qui frappe la terre avec son marteau ? Que can viagra cause heart attack dit Jean-Paul Thibeau
rebus c’est-à-dire en riens ? Il change la place des objets morts. Que dit Jean-Paul Thibeau
qui a frappé la terre avec son marteau ? Que dit Jean-Paul Thibeau, qui frappe avec son
marteau contre l’espace creux ? Qu’il n’y a que la parole qui puisse nous entendre. Même
parlée, toute la matière se tait. Que dit Jean-Paul Thibeau rebus c’est-à-dire en quoi ? La
matière est morte sans cialis for sale online qu’on trouve son cadavre.

Que dit Jean-Paul Thibeau qui parle de la matière que nous n’entendons pas ? Que le monde
est tombeau vide de mots. Toute la matière est restée là. Lorsque nous appelons, la voix
résonne : toute chose ici est le tombeau vide de son nom.

Que dit Jean-Paul Thibeau quand il parle avec des riens ? Il enlève muettement les
mots de trop entre les choses. Il prend des choses mortes dans l’espace mort pour les
disposer de naissance.Il dispose dans l’espace d’ici ni des sujets ni des objets, mais
des appelants . Il dit, rien qu’en posant des cailloux que la parole est celle qui fait tenir
les cailloux. Il faut le dire aussi aux pierres et à notre propre crâne qui est comme un
caillou au milieu de la pensée.

Valère Novarina

 

 

Jean-Paul Thibeau

Écrit depuis le méta-radeau de l’exode le lundi 10 septembre 2012.
Pour le bureau des méta-activités de Cotonou au Bénin. ©JP Thibeau

Où l’on entend une voix égrenant des constellations de concepts, d’affects, d’images, de poésie qui mettent en résonance cette question :
Comment reconquérir la dignité et la puissance de l’agir poétique ?

Faut-il entamer un Méta-exode sans but ?
Faut-il inventer une méta-chevalerie ? Courageuse, noble d’esprit, joyeuse, chargée de la bonté du monde… ?

Voici la voix :

– Nous rendons grâce à tous les trafiquants de vie, d’âmes, de cupidité et d’armes. Nous les remercions de la haine qu’ils portent à l’humilité et à la simplicité…
Nous rendons grâce aux idéologues et aux banquiers qui, associés infestent notre monde de leur calculs sordides… Ce sont les mêmes qui ont intoxiqué nos vies et créer le plus lancinant esclavagisme de tous les temps : nous les bénissons ! Illeur faudra répondre de leurs exactions inhumaines et planètaires devant un tribunal intergalactique !

– Nous sommes reconnaissants auprès de ceux qui nous crachent dessus, nous les démunis, les non-imbus de pouvoir, les récalcitrants du luxe. Merci à ceux-là mêmes qui raillent poètes, artistes, vagabonds cheminant selon d’autres formesde vie…
Nous remercions les mathématiciens complices qui mirent le monde en équations et fixèrent des valeurs vénales à tout ce qui existe afin d’enrichir les spéculateurs et par la même d’appauvrir le reste de la vie.
Nous sommes désintéressés, une fois pour toute, de vos manières malfaisantes de faire et d’être. Oui nous vous tournons le dos.

– Nous rendons grâce au principe catastrophique du consumérisme, à sa voracité, car cela nous ouvre les yeux sur ce qu’il y a de meilleur et de plus essentiel …
Opposés aux calculs égoïstes, cela nous ouvre les portes de la beauté de l’ordinaire de l’existence.
Notre passion est le sens que nous donnons à nos gestes de métamorphose.
Nous inversons vos valeurs et vos goûts ! Artistes, poètes, gens de peu et gens de courage, armons-nous de l’amour de l’existence et fuyons ces escrocs des pouvoirs et des alliances corrompues…

– Ici même, j’en appelle aux chevaliers intrépides des cinq continents, et particulièrement à la méta-chevalerie africaine ainsi qu’à la méta-chevalerie maure. Je rêve également que les méta-samouraïs errants nous rejoignent.
Prenons nos épées de joie, nos bols de mendiant, nos couvertures – qui seront aussi nos linceuls… Partons en exode, créons des méta-radeaux pour traverser le temps et les océans d’indifférences… Nous sommes tous immergés dans des mondes brisés – la langue elle-même devient un champ de bataille. Il nous faut manœuvrer subtilement pour élaborer une langue méta-galactique…

– Rendre grâce de tous ces maux. Bénir cet épuisement des mondes. Remercier ces insatiables damnés de la finance. Cet empire qui dévore le monde des humains, des animaux, des choses aussi bien visibles qu’invisibles, nous fait une guerre incessante pour envelopper et dissoudre nos voix…
Traçons des cercles symboliques mouvants ou des formes géométriques instables pour explorer et revivifier nos expériences – et résistons en désertant par un joyeux méta-exode avec nos amis grillons, pythons, tortues, rhinocéros, et avec tous ceux qui veulent nous rejoindre…

Je suis désolé de vous agacer avec mes propos fantasques… Mais
je suis reconnaissant auprès de tant de misères que nous vendent les malintentionnés, les concepteurs des cancers publicitaires, les entourloupeurs d’esprits…
Merci de tant d’actions destructrices et de pensées machiavéliques, cela illumine la moindre générosité, le moindre sourire dénudé de tout calcul ou de toute arrière pensée…

Je bénis le mépris, qui par flux incessants, caractérisent le regard que nous portent les cyniques résignés.
Retrouver l’attitude noble et sans peur… Renvoyer science, religion dans les artifices d’un imaginaire viagraonlinepharmacy-best.com poussiéreux … Etre dans la réalité en pensées saillantes et fluides…

Aoussa ! En avant vagabonds, en avant les laissés pour compte, les déchaussés, les chevaliers de l’obscurité. Pèlerin des mercis du monde, retrouvez la méta-communauté des récalcitrants, qui sont aussi de gais joueurs…
Poursuivre la réhabilitation des fous, des saints, des déviants, des migrants, des méta-interstellaires

Nous voici en parenté avec les étoiles, les planètes, le soleil, la terre, les montagnes, les océans, les mers, les nuages, l’air, les poissons, les insectes, les animaux… Nous sommes du monde dans le monde, pour une nouvelle épopée…

Chevaliers méta-galactiques : commençons par là où nous sommes :
relier l’anthropophagisme brésilien et le poético-politique des néo-zappatistes, avec la vengeance des sorcières. Oui poursuivons le mélange des mondes et des langues, http://overthecounterviagra-best.com/ des formes afin d’explorer une méta-culture vivace.
Fabriquons des radeaux méta-galactiques… Apprenons à observer le monde tel qu’il est, pour le ralentir dans son mouvement d’apparition et de disparition, sauvons ce qui nous semble essentiel, oui restaurons une dignité d’artiste et de poète…

Ne nous plaignons plus…. Avançons, traçons derrière nous des sillons infernaux de reconnaissance à tout ce qui nous a brisé…
Nous devons sauvegarder notre force et notre joie…
Tout est cadeau ici même pour faire radeau…
Se concentrer sur notre propre devenir humain…

A cet instant même, soyons ceux qui demandons grâce à tout être humain doué de la gratuité et de la puissance de la vie…
Ici-même, engageons la méta-chevalerie à livrer bataille désormais avec les armes de la bonté … Soyons fiers et courageux car nous sommes dans un monde sans issue… Revenons à notre enfance, jouons et courons vers de nouvelles aventures divergentes…

Merci à ces putains de sociétés de contrôle qui nous ont inculqué le manque de respect de soi, le goût de la lâcheté, de l’indifférence et de l’irresponsabilité… Qui nous laisse croire que nous sommes de parfaits cyniques, que le monde est comme cela, une fois pour toute, et que cela ne sert à rien de vouloir le transformer…
Bénies soient-elles car par l’excès des moyens déployées, elles prouvent qu’il existe bien des failles par où des méta-humains peuvent s’exfiltrer et infiltrer d’autres zones de la réalité pour y développer des méta-radeaux et construire les véhicules de l’esprit vivifiant que nous how to order cialis online appelons « Arche des joyeux merci ». Voguons dans les métagalaxies infinies où le vide est le poème de tous les commencements…

À consulter
http://www2.dda-aquitaine.org/dossier-18/jean-paul-thibeau/
http://www.protocolesmeta.com/
Protocoles Meta





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