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Céline Domengie

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| Artiste | practicienne de Yoga |

Céline Domengie

L’entrée aux chantiers, aux ateliers, aux lieux d’élaboration est généralement réservée aux professionnels. De fait, ils sont inaccessibles à la population, ils disparaissent. Nous vivons une époque où la fabrication des objets qui nous entourent est souvent méconnue, abstraite, une certaine forme de connaissance nous échappe, alors, peut-être qu’en redécouvrant la genèse des choses, nous pourrons mieux comprendre l’ordre de notre monde.
Gare d’arrivée du tramway construite sur un petit pâté de maison démoli pour le chantier. Travaux. Façade à nu pendant une année et demie sur laquelle on tombe lorsque l’on arrive à Mérignac. Nous sommes en 2005, je travaille avec la mairie – une commande. Une seule photographie qui fera l’objet de longues négociations… L’installation photographique À Lier… Je me demande alors : « Quelle est l’image que l’on donne d’un chantier ? ». C’est la première des questions qui vont jalonner mon parcours, l’histoire des solutions trouvées, des images faites, exposées, installées, conférencées ou performées, des enquêtes, des résurgences, des débuts jusqu’aux activités actuelles.
Puis il y eut le Panama. Là-bas, je visitais aussi des chantiers. Lors d’une discussion avec une architecte, elle me fit remarquer combien le  métier des « reforzadores » était intéressant. Ce corps de métier fabrique l’armature de métal du béton armé de tours de plusieurs dizaines d’étages, le transfert de compétences se déroule sur le chantier lui-même. En France, c’est un métier dévalorisé, réalisé par des intérimaires, très industrialisé. A Panama, c’est le corps de métier le mieux payé, fabriquant le squelette même du bâtiment, il est considéré comme le cœur du chantier. J’ai parlé de la poésie de leur activité à travers la série d’images Pénélope (2006).
En Espagne ensuite, je m’intéressais à la rénovation d’un monument patrimonial : la Casa de Piedra à Santander. Les quatre murs de cette « dent creuse » soutenu par un savant système d’étayages m’ont conduite à cette série de portraits de huit travailleurs : Ocho Atlantes (2008), un hommage au monde ouvrier.
Ces projets partageaient la même particularité : chacun abordait le chantier à partir d’une étape de la construction, chacun soulevant un champ thématique : la place du chantier dans la ville, le dialogue de l’artiste avec l’institution, les systèmes de hiérarchisation du travail, l’exercice de la créativité dans les activités de fabrication, etc.
Ces projets m’ont amenée à embrasser le chantier dans sa globalité, dans une approche holistique et de développer mes recherches dans une multitude de directions. Petit à petit, c’est aussi une approche du chantier comme idée qui s’est imposée. Genius Loci (2010) est né. Il s’agit d’un dispositif articulant recherche, exposition et édition déployé à l’échelle du temps du chantier : seize mois sur celui de la construction du collège de Monflanquin, deux années scolaires sur ceux de l’école d’Art d’Aix en Provence. Des processus de construction ou de transformation divers peuvent donc constituer des situations de recherches : une architecture, une institution ou une pratique.
Ainsi, en dressant des parallèles entre genèse et activité créatrice, je mets en lumière le cheminement nécessaire à toute expérience, qu’à l’image des chantiers, je considère en mouvement permanent.
Lauréate du concours Défi Jeune en 2004 pour A lier, ce projet sur la construction de la gare d’arrivée du tramway à Mérignac mené en partenariat avec la ville de Mérignac, a initié une série de collaboration avec par exemple : l’Alliance Française de Panama (Projet Colon Vive, prix du jury de la Maison d’Architecture de Guadeloupe), la Fondation Botin en Espagne (Projet Ocho Atlantes), la résidence d’artiste Le Belvédère (Genius Loci), etc. Depuis peu, je travaille avec Jean-Paul Thibeau au sein des Protocoles Méta et en tant qu’artiste-associée du méta-atelier de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence. Genius Loci donnera lieu a une première édition intitulée « Genius Loci, une approche expérimentée des chantiers » dont la sortie est prévue en mai 2013 et à la création d’atlas numérique dont le premier prototype sera en ligne à l’automne 2013.

www.celinedomengie.fr/

À consulter

  • Lien vidéo sur la souscription pour le livre « Genius Loci, une approche expérimentée des chantiers »

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/genius-loci
https://vimeo.com/60545070
http://album.zaclys.com/Cycle-de-conferences-Genius-Loci,a75,14593

  • Lien vidéo sur une des vidéos présentées lors des conférences performée / collaboration Céline Domengie (artiste) + Nicolas Trocmèze (conducteur de grue)

De juin 2010 à mars 2011, l’artiste Céline Domengie suit le processus de construction du collège de Monflanquin (47). Ne pouvant monter dans la grue pour des raisons d’assurance, elle collabore avec son conducteur, Nicolas Trocmèze : chaque jeudi il photographie le chantier depuis ce point de vue unique à 50 mètres de hauteur.
La bande sonore de ce diaporama est réalisée par Céline Domengie, elle est extraite d’un entretien entre le conducteur de la grue et l’artiste.
https://vimeo.com/18114222

 

 





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